Opérette à grand spectacle en 2 actes et 28 tableaux
Livret : Raymond Vincy
Lyrics : Jacques Plante
Musique : Francis Lopez
Mise en scène : Marcel Lamy
Arrangements musicaux : Paul Bonneau
Direction musicale / Chef d'orchestre : Jean-Claude Casadesus
Décors et costumes : Emilio Burgos
Chorégraphie : Corps de ballet du Théâtre du Châtelet et le ballet espagnol
« Los ballets Goyesca de Madrid » de Pilar de Oro et Alfredo Gil
Orchestre et chœur du Théâtre du Châtelet
Combats et cascades : Pierre Lacaze
Première représentation : samedi 4 mars 1967 au Théâtre du Châtelet à Paris.
La générale de presse : jeudi 16 mars 1967
L'opérette sera jouée sans relâche durant deux saisons jusqu'au dimanche 15 septembre 1968 et totalisera 544 représentations.
Dans les principaux rôles :
Maria Murano ( la Duchesse d'Albe ), Janine Ervil ( Florecita ), Éliane Varon ( Paquita ), Simone Sylmia ( Dona Inez ), Suzanne Baugé ( Léocadia ), Jane Serval ( Dolores ), Madeleine Colin ( la Comtesse ), Monique Faraut ( Maria-Luisa ).
Luis Mariano ( Goya ), Maurice Baquet ( Paquito ), Lucien Lupi ( Costillarès ), Jean-Louis Simon ( Horatio ), René Novan ( Esteban ), Jean Chesnel ( Godoy ), Jacques Villa ( Alfonso ), Juan Pereniguez ( le chanteur et l'officier des gardes ), Sam Max ( le Marquis de Tarragone ).
La partition :
Acte I : Ouverture : Choeur d'entrée « Olé, catapoun ! » ; « C'est mon papa, Paquito » ( duo Paquito, Esteban et choeurs ) ; « España » ( Goya et choeurs ) ; « Paquito-Paquita » ( duo Paquita et Paquito ) ; « Mon prince charmant » ( Florecita ) ; « La carriole » ( duo Florecita et Goya ) ; « Laissons faire le temps » ( duo la Duchesse d'Albe et Goya ) ; « Le joli métier » ( Paquita ) ; « Je n'y comprends rien » ( duo Goya et Horatio ) ; « Le Prince de Madrid » ( Goya ) ; « Florecita » ( Goya ) ; « Un bijou » ( la Duchesse d'Albe ) ; « Torero » ( Goya ) ; « l'air des conspirateurs » ( Costillarès, Alfonso et Godoy ) ; Final : « La Féria de Séville » ( Goya et chœurs ).
Acte II : « Le jour où j'aimerai » ( Costillarès ) ; « Celui que j'épouserai » ( Paquita ) ; chœurs des jeunes filles ; « Je l'aime » ( Florecita ) ; « Toi, mon seul amour » ( Goya ) ; « Pour sauver mon amour » ( la Duchesse d'Albe ) ; chœur des étudiants ; « Le joli métier » ( quator Paquita, Dona Inez, Paquito et Esteban ) ; Final ( Goya et tous les artistes ).
Synopsis de l'intrigue :
L'opérette « Le Prince de Madrid » met en scène une période heureuse de la vie aventureuse de Goya à la fin du 18e siècle.
Venant d'être nommé peintre du roi Charles III d'Espagne, Goya fera la connaissance, à la Cour, de la Duchesse d'Albe. Sa passion pour la Duchesse donna naissance à deux célèbres tableaux.
Le Prince de Madrid n'est pas une biographie historique du peintre Goya, mais l'histoire romancée d'une période de sa vie amoureuse.
L'histoire commence vers 1786 à la « Castillana », une maison de danse située à Madrid et fréquentée par Goya, le matador Costillarès et, par les deux aventuriers pittoresques,
Paquito et Esteban. Ces deux malandrins sont de grands exploiteurs de la crédulité publique et l'un d'eux réussit à vendre une pierre, soi-disant, « d'éternelle jeunesse »
au marquis de Tarragone.
Sur ces entrefaites arrive Goya le charmeur, dont les conquêtes provoquent la jalousie et la colère de son plus grand ennemi, le célèbre matador Costillarès.
Goya met en garde le marquis de la supercherie du malandrin et offre une tournée générale qui, très vite, se transforme en une fiesta trépidante.
Ensuite, commencent pour Goya deux aventures sentimentales. L'une avec Florecita et la seconde avec la Duchesse d'Albe. Pour cette dernière naîtra une très grande passion.
Rebondissements, péripéties et passions seront de mise avec comme trame de fond, duels corrida et romances.
Quelle sera l'issue de cette intrigue ?
Que va-t-il advenir de la liaison de Goya et de la Duchesse ?
« Il y a longtemps que je rêvais d'incarner Goya, ce personnage cynique et romantique. D'abord, je connais tous ses tableaux et puis, ancien élève des
Beaux-Arts,
j'aurais pu devenir peintre »
Luis Mariano
Le grand retour de Mariano au Châtelet.
Avec cette huitième opérette, Mariano fera sa grande rentrée sur la scène du Châtelet à Paris. Depuis « Le Secret de Marco Polo », Mariano n'avait jamais remis les pieds dans le
grand théâtre.
C'est Marcel Lamy qui succéda à Maurice Lehmann dans le fauteuil directorial du Châtelet.
Lamy s'empressa de faire appel à Mariano et à son vieux complice, Francis Lopez, pour monter un nouveau spectacle.
C'est le retour également à l'opérette à grand spectacle, fastueuse et, surtout, aux couleurs de l'Espagne qui symbolisait si bien « le style Mariano ».
Une distribution éclatante, des décors somptueux - signés du peintre espagnol Emilio Burgos, Président de « l ‘Academia Goya » de Madrid - des costumes scintillants, des ballets
endiablés, une partition ensoleillée et un Mariano brillant en habit de lumière, armé de ses notes effilées. Bref, tous les ingrédients pour faire de ce spectacle - haut en couleur - un grand
succès.
Les répétitions commencèrent au mois de janvier 1967 et la première représentation eut lieu le 4 mars. Les tableaux typiquement espagnols sont magnifiques : castagnettes, corrida, capes et épées, feria, le tout saupoudré de flamenco, l'Espagne s'installera au Châtelet pour deux saisons.
Luis Mariano et Maria Murano
Le personnage principal au coeur de l'intrigue de l'ouvrage n'est autre que Francisco de Goya, célèbre peintre du roi d'Espagne à la fin du 18e siècle. Sujet qui lui tenait particulièrement à coeur, car, ce rôle, Mariano l'attendait depuis longtemps. Un rôle qui lui convenait à la perfection. Il personnifiait le personnage, il était « Le Prince de Madrid ».
La musique de Francis Lopez est digne des luxueux tableaux. L'air de « La feria de Séville » au final est brillant, tout comme « España », morceau de bravoure interprété avec maestria par Mariano. Un rôle écrasant pour le ténor qui, néanmoins, n'avait rien perdu de son endurance : un spectacle qui durait trois heures et dans lequel il jouait la comédie se battait en duel, dansait et chantait.
Il dessinait également à chaque représentation un portrait de la Duchesse d'Albe que le personnel du théâtre s'arrachait dans les coulisses après le spectacle. Et tout ceci, à raison de onze représentations par semaine.
Maria Murano, Luis Mariano et Éliane Varon
La « Générale » eut lieu le 16 mars 1967 et la représentation se terminera, ce soir-là, avec douze rappels. Le succès fait l'unanimité.
En 1968, le spectacle sera interrompu par « les événements » du mois de mai, qui obligeront le théâtre à fermer ses portes. L'opérette reprendra le mois suivant et donnera sa dernière représentation le dimanche 15 septembre.
De novembre 1968 à avril 1969, Mariano entreprendra une grande tournée en France et en Belgique avec l'opérette. C'est le triomphe.
En revanche, vu l'importance de l'ouvrage, seuls les grands théâtres auront la chance d'applaudir Mariano dans « Le Prince de Madrid ».
( Collection privée )
( Collection privée )
( Collection privée )
( Collection privée )
( Collection privée )
La version télévisée du « Prince de Madrid »
Le « Prince de Madrid » sera la seule opérette de Mariano, hélas, qui fut enregistrée pour la télévision.
Cette représentation fut filmée en noir et blanc par les équipes techniques de l'ORTF le jeudi 23 mars 1967 au Châtelet. La réalisation était signée de Janine Guyon.
Ce document exceptionnel et inédit fut diffusé pour la première fois à la télévision française le 1er janvier 1992, soit 25 ans plus tard. En effet, la bande, pour on ne sait quelle raison,
avait disparu sous une énorme couche de poussières et fut retrouvée quelques mois seulement avant cette fameuse diffusion. En revanche, présenté comme un enregistrement intégral, il en
manquera, en réalité, plus d'une heure.
En noir et blanc et de qualité moyenne, cette diffusion aura tout de même permis aux téléspectateurs d'apprécier la prestation du ténor sur la scène du Châtelet, de la regarder par curiosité
ou bien encore par fidélité au souvenir du grand Mariano.
Cet enregistrement fut rediffusé sur FR3 le 13 mars 1995 à 23 h 30 en hommage à Francis Lopez, décédé le 5 janvier 1995. Il paraît également en DVD au mois de mai 2009.
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- Journal « France-Soir » du 7 mars 1967 : [...] Avec le Prince de Madrid, Luis Mariano devient le roi du Châtelet. [...] Mariano danse la jota comme Luisillo, se bat à l'épée comme quatre et s'échappe en se jetant du haut d'un pont. Il fait des passes de torero comme El Cordobès.[...] Le Prince de Madrid est une opérette traditionnelle, dans le genre sentimental. Pas de train qui explose, de cyclone, d'incendie géant. Pas même un petit tour du monde : on reste en Espagne. Le tremblement de terre, c'est quand Luis Mariano trépigne la jota. L'explosion, c'est dans la salle quand il pousse la note. Et c'est son sourire qui met le feu aux poudres. Tout a été construit pour lui, autour de lui. [...] Et c'est aussi, toutes proportions gardées, une superproduction. [...]
- Journal « L'Aurore » du 18 mars 1967 : [...] Sur cette aventure ensoleillée, Francis Lopez a semé, sans compter, une musique généreuse et colorée, Espagnole en diable où
l'on relève des mélodies charmantes comme : « La carriole », « Celui que j'épouserai », « Toi mon seul amour », et des airs brillants tels que « España », « La feria de Séville" .
Luis Mariano est le Prince de Madrid, avec son sourire et cette gentillesse qu'on lui connaît son charme et surtout sa voix qui, bien moins puissante, à conservé un bel éclat. [...]
Le disque. Enregistrements des principaux airs réalisés en janvier et février 1967
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Le théâtre :
Le théâtre du Châtelet est situé place du Châtelet à Paris et il occupe l'emplacement d'une ancienne forteresse. Il fut construit sous le Second Empire à partir de 1860 et fut inauguré le 19 août 1862 par l'Impératrice Eugénie de Montijo. Il fut baptisé à l'époque « Théâtre Impérial du Châtelet ».
Ce beau théâtre ( 2500 places ) d'inspiration Renaissance italienne a été construit par l'architecte Gabriel Daviout sur la demande du célèbre Baron Haussmann. En 1874, le théâtre du Châtelet
se transforme en théâtre lyrique sous le nom de « Opéra populaire » durant quelques mois seulement pour revenir en hâte au drame puis, peu à peu, vers de véritables pièces de théâtre
à grand spectacle.
Juin 1910, une « Saison d'opéras italiens » fait venir le grand Caruso au théâtre du Châtelet.
Il faudra attendre 1928 et l'arrivée au théâtre de Maurice Lehmann pour que le Châtelet devienne le temple de l'Opérette.
Avec une scène de 24 mètres de large sur 35 mètres de profondeur, elle est alors la plus grande de Paris après l'Opéra.
Les Directions se succédèrent et, en 1978, le Châtelet fermait ses portes. L'année suivante c'est la Ville de Paris qui décidait d'en reprendre la direction.
André Baugé, André Dassary, Tino Rossi, Georges Guétary, Rudy Hirigoyen et surtout Luis Mariano, furent les grandes voix du Châtelet.
Pour la générale, Georges Guétary et Patachou sont venus féliciter leur grand ami Mariano
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Hommage à un grand fantaisiste
Maurice Baquet ( 1911 - 2005 )
Comédien au théâtre et au cinéma, humoriste, violoncelliste virtuose et alpiniste chevronnés, Maurice Baquet est mort à l'âge de 94 ans le 8 juillet 2005.
Véritable « touche-à-tout », Maurice Baquet démarre, très jeune, une carrière de musicien qui évoluera rapidement dans le cinéma, puis au théâtre.
Il tournera pour le cinéma dans environ 100 films, participera à des émissions de télévision et se produira dans de nombreux spectacles de music-hall, dans lesquels il se distinguera en
faisant de véritables acrobaties avec son violoncelle.
Passionné également de montagne, il fut un skieur et un alpiniste accompli.
Il sera capable de combiner tout au long de sa vie, les joies de la comédie, de la musique et les plaisirs de la montagne avec cette fantaisie sympathique qui fera le charme de ses
apparitions, aussi bien sur scène, qu'au cinéma ou à la télévision.
On n'oubliera pas, bien évidemment, que Maurice Baquet fut un remarquable fantaisiste dans onze opérettes. On retiendra, entre autres, celles ou il sera aux cotés de Luis Mariano :
« Andalousie » en 1947, dans le rôle de « Pépé » ( et dans sa version filmée en 1950 ), « Le Prince de Madrid » en 1967 où il tenait le rôle de « Paquito
», et enfin « La Caravelle d'or » dans laquelle il interpréta le rôle de « Guillot l'Anguille ».
Baquet sera le compagnon « fantaisiste » de scène de Mariano, dont les clowneries se succéderont avec brio avec les vocalises aiguës du ténor. Une grande amitié lia Maurice Baquet et Mariano, et ce, jusqu'à la mort de ce dernier.
Pour récompenser sa carrière, il recevra en 1998 le « Molière d'honneur ». Il sera également fait Chevalier de la Légion d'Honneur, des Arts et des Lettres et Compagnon de Devoir.
Liens externes :
Maurice Baquet et Luis Mariano dans les coulisses du théâtre Sébastopol à Lille le 29 novembre 1968 ( Collection privée )