« On ne demande pas aux chanteurs de charme d'être de grands comédiens, mais simplement de jouer à l'écran leur propre personnage. Dans ses films, Luis Mariano réussit à être lui-même et c'est très bien ainsi »

 

Jean-Charles Tacchella

Journaliste, scénariste et réalisateur français

 

« Le cinéma est nécessaire pour un artiste-chanteur afin de se faire connaître dans le monde entier et, en ce sens, le cinéma m'aura énormément servi »
Luis Mariano

 

                             

                               Fasciné par le cinéma

 

Grande vedette de la scène et du disque, Luis Mariano le sera également du grand écran.

 

Déjà, à l'âge de 5 ans, le petit Mariano Gonzalez sera choisi par des cinéastes amateurs pour les besoins d'un petit film documentaire intitulé « Les Miracles de Saint Antoine ». Le tournage eut lieu à Irún, ville natale de Mariano.
Dans ce court métrage, une séquence devait montrer le jeune Gonzalez juché sur un âne.
Ça sera sa toute première apparition cinématographique, ou, tout au moins, ses débuts devant des caméras, car une légende nous rapporte le contraire. En effet, curieusement on ne retrouva aucune trace de la bobine de film. Il semblerait même que les prétendus cinéastes avaient fait - volontairement ou non - tourner à vide leurs appareils de prise de vues ce jour-là.

 

Vers l'âge de 10 ans, Mariano rêvait de devenir un jour un artiste de cinéma à l'image d'un « Rudolph Valentino », la grande star du cinéma muet de l'époque.
Cette passion entraînera le jeune Mariano à improviser un studio de cinéma dans le vieux garage paternel. Le soir, il se faufilait discrètement dans le garage, allumait les phares d'une ou deux voitures - qu'il utilisait comme des projecteurs - et les fixait longuement en prenant diverses postures.

Le cinéma fascinera toujours l'étudiant qu'il était à Bordeaux. Il fréquentait souvent les salles obscures et ses acteurs préférés du moment se nommaient Errol Flynn, Tyrone Power et surtout Ramon Novarro, dont il connaissait la plupart de ses films. Il s'habillait comme ses idoles et songeait plus que jamais, de devenir une star du grand écran.

 

Le cinéma lui tend les bras

 

En 1937, Mariano aura l'heureux hasard de faire de la simple figuration dans le film « Ramuntcho », noyé dans une courte scène de foule avec la chorale « Eresoïnka » à laquelle il appartenait à l'époque.

Il saisit une nouvelle opportunité en 1942 en apparaissant furtivement dans le film « Le chant de l'exilé », dans une très courte séquence comme choriste dans un petit groupe de basque.
L'année suivante, c'est une figuration chantée - comme soliste cette fois - qui lui sera proposé dans le film « L'escalier sans fin ». Sa prestation est très courte, mais remarquée et son nom figure pour la première fois au générique du film.

 

 

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            Ci-dessous : Figuration chantée sans le film « Escalier sans fin » en 1943. La toute première apparition de Mariano au cinéma en tant que chanteur soliste. Il interprète un très court extrait de « Seul avec toi », chanson signée Louis Gasté.
       

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    Pour la première fois, le nom de Mariano figure au générique d'un film cinématographique ( Escalier sans fin en 1943 )

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Un peu plus tard, avec les succès fracassants de ses débuts sur scène, c'est désormais lui qui va susciter l'intérêt des cinéastes. Et en 1946, il obtient son premier grand rôle - un rôle de « vedette » - dans le film « Histoire de chanter ». Son nom se trouve à présent en tête d'affiche. La même année s'ouvrait le premier Festival de Cannes.

 

Après la sortie de son premier long métrage, Mariano recevra une proposition vertigineuse de la part des Américains ; il se fera offrir sur un plateau le rôle du légendaire Rudolph Valentino dans une superproduction hollywoodienne.

 

Le rêve de Mariano se réalisa : Hollywood le réclamait !

 

En effet, les producteurs américains semblaient déterminés à proposer au ténor une situation opulente, des cachets faramineux avec, en autres, une luxueuse villa à Beverly Hills.

 

Mais le contrat, contraignant et exclusif, liait durablement le chanteur avec la firme américaine, qui prévoyait de faire résider leur vedette pendant sept ans à Hollywood et dans des conditions très rigoureuses. Mariano déclinera l'offre et se tourna vers les producteurs français qui commençaient très sérieusement à s'intéresser à lui.

 

Mariano avec les techniciens de plateau durant le tournage de « Fandango » en juillet 1948 Mariano avec les techniciens de plateau durant le tournage de « Fandango » en juillet 1948

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Extrait du film "Je n'aime que toi" 1949 Extrait du film "Je n'aime que toi" 1949

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Durant le tournage du film « Andalousie » en 1950 Durant le tournage du film « Andalousie » en 1950

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La vedette du cinéma musical français de l'après-guerre

 

Les propositions de cinéma vont se multiplier ; il tournera au total dans 30 films, des longs, mais aussi des courts métrages. De la simple apparition de ses débuts, en passant par de la figuration chantée, il obtiendra très rapidement le rôle vedette, et ce, ensuite, pour la majorité de ses films.

 

Sa moindre apparition déclenche une émeute et le public se précipite dans les salles à la sortie de ses nouveaux films.

 

Mariano transportera à l'écran quelques-uns de ses grands succès de scène, mais également des adaptations de diverses autres opérettes ou de comédies musicales.
Enfin, le ténor tournera également des films dont les scénarios seront écrits sur mesure pour lui. Des rôles qui furent, pour la plupart, d'éternels chanteurs de charme à succès ; ses principaux atouts étant, bien sûr, son physique de jeune premier et surtout cette voix sublime de ténor. Une carrière cinématographique riche de rebondissements et qui, dans l'ensemble, restera ponctuée de succès bien mérité.

 

Après 1958, Mariano renoncera au cinéma. On ne le verra plus que très rarement apparaître sur le grand écran et se consacrera exclusivement à sa carrière de chanteur, et ce, jusqu'à sa mort, en 1970.

 

Mariano fut doté d'un charisme inouï. Il était fait pour charmer et chanter avec une extrême magnificence. Il remplira à la perfection ses engagements. Et si son talent de chanteur fut indéniable, Mariano ne deviendra jamais en revanche un grand acteur de cinéma ; mais il restera néanmoins dans ce domaine l'une des vedettes les plus populaires du « cinéma musical » français de l'après-guerre.

 

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Luis Mariano au Festival de Cannes en 1954 Luis Mariano au Festival de Cannes en 1954
1954, aux Éditions « Cinémonde », Luis Mariano lors d'une séance de dédicaces entre l'acteur Jacques Duby et l'actrice Élisabeth Manet 1954, aux Éditions « Cinémonde », Luis Mariano lors d'une séance de dédicaces entre l'acteur Jacques Duby et l'actrice Élisabeth Manet

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