Opérette à grand spectacle en 2 actes et 20 tableaux
Livret : Félix Gandéra et Raymond Vincy
Lyrics : Raymond Vincy et Henri Wernert
Musique : Francis Lopez

Mise en scène : Maurice Lehmann
Arrangements musicaux : Paul Bonneau
Direction musicale / Chef d'orchestre : Félix Nuvolone
Décors et costumes : Henri-Raymond Fost
Chorégraphie : Georges Gué et Emelina Torres avec le corps
  de ballet du Théâtre du Châtelet, les ballets basques « Oldarra »
et les ballets espagnols « Sol y Sombra »

Orchestre et chœur du Théâtre du Châtelet
Et une troupe de spectacles qui réunira au total plus de 200 personnes

 

Première représentation : samedi 15 décembre 1951 au Théâtre du Châtelet à Paris.
La générale de presse : mercredi 19 décembre 1951

 

L'opérette sera jouée sans relâche tous les soirs ( de 20 h 30 à 23 h 30 ) plus deux matinées - jeudi ( de 14 h 30 à 17 h 30 ), dimanche et fête ( de 14 h à 17 h ) et ce, durant trois saisons et qui totalisera 905 représentations.


Dans les principaux rôles :

 

Lilo, puis Doris Marnier ( Cricri ), Jacqueline Chambard ( Eva ), Monique Bert ( Tornada ).

 

Luis Mariano, puis Rudy Hirigoyen ( Vincent Etchebar ), Pierjac ( Bilou ), Jack Claret ( Cartoni ), Robert Jysor ( Zapata ), Dario Moreno ( Atchi, l'aubergiste ), Albert Estève ( Miguelito ), Sam Max ( Guanich Aguiro ), Berki ( Bidache ).

 

La partition :

 

Acte I : Ouverture ( Choeur ) « c'est la fête à Saint-Jean-de-Luz » ; Valse d'Eva ; « Il est un coin de France » ( Vincent ) ; « Maïtechu » ( Vincent ) ; « Quand on est deux amis » ( Vincent et Bilou ) ; « Paris, mon vieux Paris » ( Cricri ) ; « Quand on voit Paris d'en haut » ( Vincent ) ; « Rossignol » ( Vincent ) ; « Mexico » ( Vincent ). Fin du premier acte.

 

Acte II : « Acapulco » ( Vincent ) ; « Ça m'fait quelque chose » ( Cricri ) ; « Le Tequila » ( Vincent ) ; « Guarimba » ( Zapata ) ; « Caramba » ( Atchi ) ; Ballet « La fête Aztèque » ; Final : grand ballet « La fête des fleurs à Mexico » et « Mexico ».

 

 

Le Chanteur de Mexico : un Mariano dans une forme vocale mémorable !...

 

La troisième opérette de Mariano - qui va cette fois se jouer sur la scène du grand Théâtre du Châtelet - est une production grandiose et marque l'apogée de sa popularité.
Avec le célèbre « Mexico » - dont le nom restera associé à tout jamais à celui du ténor - Luis Mariano devenait une super star, entrait définitivement dans la légende et l'opérette dans l'Histoire du théâtre du Châtelet.

 

À l'origine, l'ouvrage devait s'intituler « Le Rossignol de Mexico », mais Mariano n'appréciait guère le titre qu'il jugea trop prétentieux. Le « Rossignol » se transforma tout simplement en « Chanteur » et tout le monde tomba d'accord sur ce choix. Le « Rossignol » subsista, néanmoins, dans le titre d'une des chansons de la partition.
En revanche, c'est la chanson titre « Mexico » qui ne fut pas au début appréciée par le Directeur du théâtre, Maurice Lehmann. Lopez embarrassé appela Mariano à la rescousse. Très vite Mariano détecta ce qu'il manquait dans le refrain et c'est lui qui sera à l'origine du « Mexi-iiiiiiiiii-co » et cet effet dit « légato-glissando » suraigu n'était pas sans rappeler le fameux cri - « el grito » - des Mexicains. Effet de note d'ailleurs que Mariano - tout souriant - s'amusait, certain soir, à tenir longtemps pour la plus grande joie d'un public stupéfait qui l'ovationnait dès la prouesse terminée.

 

 

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Bien que la pièce soit très fatigante à jouer ( durée 3 h ) Mariano est dans une forme extraordinaire. Il maîtrise vocalement, mieux que jamais, sa technique et lance avec une habileté, qui n'avait pas son pareil, des notes effilées en poussant parfois très loin ses effets dans l'aigu et terminant sur d'éclatants contre-ut.
Il avait quatorze changements de costume. Le soir après les représentations, Mariano - qui s'était donné à fond - était tellement épuisé que souvent il s'endormait dans la voiture.

 

L'opérette est magnifique et c'est au total 200 personnes qui se retrouvent pour le mémorable grand final du Marché aux fleurs qui fut une véritable fresque musicale et chorégraphique.

 

Le succès est donc immédiat et ce « Chanteur de Mexico » constituera très probablement le chef-d'oeuvre de Mariano et de Lopez.
Autre fait également extraordinaire. Jamais dans l'histoire de l'opérette, un ouvrage aura réuni autant de chansons qui deviendront - et pour toujours - des succès populaires.
En effet, l'ensemble des airs de cette opérette - interprété par Mariano - fait partie aujourd'hui de la mémoire collective de la culture populaire française et la chanson « Mexico », pour toujours la signature musicale de Mariano.

 

Synopsis de l'intrigue :

 

L'action se passe en 1912 au Pays Basque, à Paris puis au Mexique.
C'est l'histoire d'un jeune basque - Vincent Etchebar - qui est ténor dans la chorale de Saint-Jean-de-Luz, danseur de fandango et le grand charmeur de ces dames dans la région.
Il fait la connaissance d'une célèbre divette parisienne, Eva Marchal, avec qui il flirte un peu. Mais Eva doit très prochainement repartir pour la capitale. Vincent qui rêve de devenir, lui aussi, une vedette, décide d'aller tenter sa chance à Paris en compagnie de son inséparable ami Bilou.


Mais Paris n'est pas facile à conquérir et, pour gagner leur vie, Vincent et son camarade deviennent peintres en bâtiment. Ils rencontrent alors la jeune et exubérante Cricri qui est marchande de fleurs au Moulin de la Galette. Bilou tombe amoureux de Cricri alors qu'elle n'a d'yeux que pour le beau Vincent.
Cricri à l'idée d'inscrire Vincent à un concours de chant amateur au Moulin de la Galette. Le jeune ténor triomphe au concours et se fait remarquer par un impresario qui lui obtient ensuite un engagement au Mexique pour le rôle principal d'un grand spectacle intitulé « Le Chanteur de Mexico ».


À la suite d'un ensemble de coïncidences, Vincent va retrouver Eva Marchal, qui sera sa partenaire dans le spectacle. Vincent va se trouver ensuite entraîné avec ses amis - Cricri et Bilou - dans une extravagante et sombre mésaventure mexicaine qui les conduira, après de nombreux rebondissements, au milieu de révolutionnaires avec comme trame de fond, complot, enlèvement, supplice... Quelle sera l'issue de cette intrigue ? Que va-t-il advenir de Vincent et de ses amis ?

 

~~~~ Le "clou" du spectacle : Mariano dans la scène du supplice ~~~~

 

Le Chanteur de Mexico fut un triomphe et la presse unanime à le reconnaître :

- Le journal « Le Figaro » du 21 décembre 1951 : [...] Luis Mariano, comme toujours, chante à ravir, pousse la note jusqu'à faire pâmer les spectatrices. [...] C'est une belle réussite. Un spectacle d'une qualité supérieure à ce qu'on nous présente d'ordinaire en fait d'opérette à grand spectacle.


Même journal du 24 décembre 1951 : [...] Le Chanteur de Mexico est une parfaite réussite du genre et d'un luxe dont il ne doit pas y avoir un autre exemple dans le monde entier, en ce moment. [...]

 

- Le journal « Le Parisien Libéré » du 21 décembre 1951 : Le Chanteur de Mexico triomphe de toutes les embûches semées sur sa route et sa présence assure au théâtre du Châtelet la plus parfaite réussite imaginable. Le public va d'émerveillement en émerveillement. Les plus blasés sont conquis d'emblée par le faste du décor et le dynamisme de la partition. [...] Luis Mariano est le roi de la soirée. Tantôt juché sur un échafaudage et tantôt attaché au poteau du supplice, entouré de serpents monstrueux, il domine les pires situations. On danse le fox-swing, la rumba, le boléro, la valse, des choeurs chantent à l'unisson et les Espagnols de la compagnie « Sol y Sombra » se chargent, eux, du flamenco. [...] Il convient de s'incliner devant une telle maîtrise. [...]

 

- Le journal « Combat » du 28 décembre 1951 : [...] C'est du « Super-Châtelet » ! [...] Et puis il y a Luis Mariano avec son sourire large et blanc et ses yeux qui accrochent si bien la lumière des spots.

 

Et puis aussi :

 

« France-Soir » : [...] Un tourbillon de lumières, de satins, de dentelles, de couleurs et de sons qui, trois heures durant, vous emporte, vous roule, vous étourdit. [...] ; « Le Monde » : [...] Le Chanteur de Mexico est une belle réussite. [...] ; « L'Aurore » : [...] Tirons notre chapeau devant Le Chanteur de Mexico. On ne saurait imaginer réussite plus complète. [...]

Le théâtre :

 

Le théâtre du Châtelet est situé place du Châtelet à Paris et il occupe l'emplacement d'une ancienne forteresse. Il fut construit sous le Second Empire à partir de 1860 et fut inauguré le 19 août 1862 par l'Impératrice Eugénie de Montijo. Il fut baptisé à l'époque « Théâtre Impérial du Châtelet ».


Ce beau théâtre ( 2500 places ) d'inspiration Renaissance italienne a été construit par l'architecte Gabriel Daviout sur la demande du célèbre Baron Haussmann. En 1874, le théâtre du Châtelet se transforme en théâtre lyrique sous le nom de « Opéra populaire » durant quelques mois seulement pour revenir en hâte au drame puis, peu à peu, vers de véritables pièces de théâtre à grand spectacle.
Juin 1910, une « Saison d'opéras italiens » fait venir le grand Caruso au théâtre du Châtelet.


Il faudra attendre 1928 et l'arrivée au théâtre de Maurice Lehmann pour que le Châtelet devienne le temple de l'Opérette.
Avec une scène de 24 mètres de large sur 35 mètres de profondeur, elle est alors la plus grande de Paris après l'Opéra.
Les Directions se succédèrent et, en 1978, le Châtelet fermait ses portes. L'année suivante c'est la Ville de Paris qui décidait d'en reprendre la direction.
André Baugé, André Dassary, Tino Rossi, Georges Guétary, Rudy Hirigoyen et surtout Luis Mariano, furent les grandes voix du Châtelet.

L'entrée du théâtre du Châtelet avec "Le Chanteur de Mexico" à l'affiche et 2 places en soirée de l'époque

 

Le Chanteur de Mexico atteindra le chiffre record de 905 représentations sur une durée exceptionnelle de trois saisons consécutives, chose qui ne s'était jamais vue.
Durant cette période, sollicité de plus en plus par des Galas et le cinéma, Mariano sera remplacé par le ténor Rudy Hirigoyen qui d'ailleurs assurera aussi les tournées de l'opérette après l'ultime représentation parisienne.

 

En 1956, « Le Chanteur de Mexico » sera porté à l'écran par le cinéaste Richard Pottier.

 

De 1964 à 1969, Mariano reprendra l'opérette dans une série de tournées en France et à l'étranger. Tournées organisées par le producteur d'opérettes Nick Varlan.

 

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Maquette du costume du chanteur de Mexico signé Henri-Raymond Fost

Maquette du costume du chanteur de Mexico signé Henri-Raymond Fost ( Document publié avec l'aimable autorisation de Frédéric Pineau ) Reproduction interdite .

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Mariano avec sa partenaire Lilo

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Hommage à trois grands chanteurs

 

Le Chanteur de Mexico offrira l'occasion à quelques chanteurs des débuts prometteurs.

Tony Poncet

Tony Poncet ( 1918 - 1979 ) est simple choriste dans « Le Chanteur de Mexico ».

 

Très vite, Poncet devient une très grande voix au timbre puissant et velouté et le digne successeur des plus vaillants ténors demi-caractère du monde. Il était également capable d'interpréter des rôles de fort ténor.

 

En 1954, il obtient le 1er prix du concours international de chant à Cannes. L'année suivante, il commença sa carrière lyrique et décroche ses premiers succès en Belgique. Il chantera ensuite à l'Opéra de Paris, à l'Opéra-Comique, sur de nombreuses scènes de province ainsi qu'a la Scala de Milan et au Metropolitan Opéra de New York.


Poncet était doté d'une voix exceptionnelle aux aigus ahurissants. Son registre est phénoménal et il fut le seul ténor à émettre un ré bécarre en voix de poitrine.
Une force de la nature dont la maladie aura sournoisement eu raison à l'âge de 61 ans un jour de novembre 1979.

 

Titulaire de la Croix de Guerre, il fut décoré Chevalier de la Légion d'honneur et des Arts et des Lettres.

 

Pour en savoir plus sur Tony Poncet :

Liens externes :


¤ Wikipédia

¤ Le contre-ut de Tony

¤ Monsieur-Biographie

 

Enfin, une biographie sur Tony Poncet : en vente ICI

 

 

Dario Moreno

Dario Moreno ( 1921 - 1968 ) est un autre débutant qui tient le rôle de l'aubergiste dans « Le Chanteur de Mexico ».

 

Il connaîtra plus tard, lui aussi, beaucoup de succès, mais dans la chanson de variété. D'origine turque, il vit longtemps au Mexique et se produit dans des orchestres de Mariachis. Il débarque à Paris en 1948. En 1954, il donne son premier concert et devient ensuite très populaire avec entre autres des rythmes colorés sud-américains dans lesquels il se distinguera en particulier. Artiste extravagant, mais excellent danseur et doté d'une voix souple de ténor léger.

 

Il eut aussi un immense succès avec « l'Air du Brésilien » dans « La vie Parisienne » d'Offenbach et sera le partenaire de Jacques Brel dans « L'Homme de la Mancha » en 1968. Il tournera pour le cinéma dans une trentaine de films.

Il meurt prématurément à l'âge de 47 ans.

 

Pour en savoir plus sur Dario Moreno :

Liens externes :

 

¤ Wikipédia

¤ Boomer Café

 

 

Alain Vanzo

Alain Vanzo ( 1928 - 2002 ) qui fut très peu de temps la première doublure de Mariano dans « Le Chanteur de Mexico ».


Ce jeune ténor, à l'époque n'a que vingt-quatre ans et son ambition c'est de chanter à l'opéra. Remarqué lors du concours international de ténors à Cannes en 1954, il entre à l'Opéra de Paris.

Sa carrière lyrique est lancée, elle sera internationale et dans la lignée des grands ténors français de la seconde moitié du 20e siècle. Il chantera tous les grands rôles à l'Opéra de Paris et à l'Opéra-Comique. Il meurt le 27 janvier 2002 à l'âge de 74 ans.

 

 

Pour en savoir plus sur Alain Vanzo :

Liens externes :

 

¤ Wikipédia

¤ Site ANAO

 

 

Découvrez la playlist Chanteur de Mexico avec Luis Mariano