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Image de gauche : Armoiries du Royaume d'Espagne - Escudo de España.
Image de droite : Armoiries du Pays Basque d'Espagne - Escudo del País Vasco en España.
Langue officielle, minoritaire, maternelle...
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L'espagnol ( ou castillan ) : langue indo-européenne et romane, parlée en Espagne, dans la plupart des pays d'Amérique latine et dans quelques États du sud des États-Unis. L'espagnol est la langue officielle de l'Espagne et serait la deuxième langue la plus parlée au monde.
Le basque : langue parlée par les Basques ; une des rares langues non indo-européennes d'Europe. C'est une langue unique en son genre et une des plus anciennes au monde. Les Basques parlent « l'Euskara », nom que ceux-ci donnent à leur langue, qui représente une composante essentielle de leur identité. Langue qui a un statut co-officiel dans la Communauté autonome du Pays Basque. Elle est parlée au Pays Basque, aussi bien en France qu'en Espagne.
L'Espagne, d'un point de vue linguistique, n'est pas un pays homogène ; et si le « castillan » a pu s'imposer chez les gens de la haute société, les intellectuels et autres favorisés, les autres langues, comme le basque, dominaient davantage les campagnes et les milieux populaires urbains. Le basque ne peut également privilégier une communication avec les étrangers.
La langue maternelle, quant à elle désigne la première langue qu'un enfant apprend.
Mariano étant de nationalité espagnole, la question que l'on pourrait alors se poser serait celle de se demander si sa langue maternelle était l'espagnol ?
Mais la question semble assez complexe, car tout est relatif sur cette définition de langue maternelle qui fait l'objet de diverses interprétations selon les pays.
Au Canada, par exemple, ils définissent la langue maternelle, celle apprise à la maison au cours de l'enfance et encore comprise par le recensé au moment du recensement. Dans d'autres pays, la langue maternelle désigne la première langue apprise à l'école, comme c'est le cas en France, car l'usage d'autres langues maternelles en dehors du français ne semble pas être envisagé de manière officielle. Les autres « langues de France » étant minoritaires.
Il va sans dire que la première langue apprise n'est pas nécessairement celle des parents, comme elle ne sera pas forcément celle qui sera pratiquée avec le plus de facilité. Et puis il y a les cas
de plusieurs langues - d'une même communauté - simultanément apprises, qui peuvent être chacune considérées comme une langue maternelle.
Serait-ce le cas de la langue basque en Espagne ?
En Espagne, un quart seulement des habitants du Pays Basque sont de langue maternelle basque. Mariano est né à Irún dans la province Guipúzcoa du Pays Basque espagnol. Et c'est précisément dans cette province que se trouvent les plus nombreux « bascophone » du Pays Basque espagnol avec un peu plus de 40 % de sa population.
Alors quelle était la langue maternelle de Mariano : espagnole ou basque ?
Difficile d'affirmer avec précision qu'elle fut sa langue dite « maternelle ».
Ce qui paraît certain, c'est que le basque ne fait pas l'unanimité au Pays Basque espagnol. Rien ne nous prouve que dans les écoles d'Irún la langue basque ait été majoritairement considérée comme
langue maternelle...!? Du reste, il faut préciser qu'à l'époque, l'enseignement de la langue locale dans les Établissements scolaires était pour ainsi dire inexistant. Bien que le taux de
transmission familiale de la langue basque soient relativement élevés, rien ne nous prouve davantage que les parents Gonzalez aient, à la maison, enseigné au petit Mariano la langue basque comme
première langue...!? Le parlaient-t-ils eux-mêmes ?
L'identité de frontière
Vraisemblablement, Mariano aurait appris simultanément - au moins - deux langues au cours de sa tendre enfance.
Né au Pays Basque espagnol, Mariano n'a que 2 ans lorsque la petite famille Gonzalez décide de retourner en France. Installé à Bordeaux, Mariano ira à l'école apprendre le français de 4 à 7 ans avant de retourner à Irún ou il fera, dès son arrivée, sa première communion.
Par voie de conséquence, il ira à l'école à Irún, puis il entrera dans un collège catholique à Saint-Sébastien et enfin à l'École des Beaux-Arts de cette ville ou il « oubliera » le français pour l'espagnol.
Mais pouvait-il vraiment oublier le français ?
Mariano fut, ce qu'on appelle, un « déraciné » et sera, durant un certain temps, ballotté de part et d'autre de la frontière. Et il ne faut pas oublier que l'identité ethnoculturelle et linguistique de ce territoire frontalier - dont Irún est le point central - a vu naître Mariano.
Né et ayant vécu dans cette ville, la langue française devenait alors une langue dite transfrontalière. C'est tout au moins une langue qu'il se devait de connaître suffisamment par nécessité sociologique et de par la position géopolitique de cette vaste aire frontalière.
Nombreux furent les Espagnols qui trouvèrent refuge sur le sol français durant la guerre civile espagnole. L'exode commença dès le mois d'août 1936 et ce sont des milliers de réfugiés qui seront alors dispersés dans les départements français du Sud-Ouest.
Par la suite, un grand nombre d'habitants d'Irún traversèrent la frontière pour venir travailler en France. Ces familles espagnoles en profitèrent également pour y placer leurs enfants dans les écoles françaises, comme ce fut le cas à Hendaye. Ce brassage de populations favorisera le multilinguisme des deux côtés de la Bidassoa.
Quoi qu'il en soit, Mariano restera en Espagne jusqu'à l'âge de 22 ans, car, en août 1936, la famille Gonzalez devait repasser la frontière suite au bombardement d'Irún, consécutif au conflit espagnol qui commençait à faire rage dans le pays.
Installé, de nouveau, en France, dans le département des Basses-Pyrénées puis à Toulouse et ensuite dans la région bordelaise, Mariano réapprendra le français avec, en prime, l'accent du Sud-Ouest. Accent qui viendra se mêler à son premier accent Basco espagnol.
Ce périple linguistique mouvementé - mais ô combien enrichissant - aura en définitive comme résultat son fameux et séduisant accent naturel et exclusif qu'il, conservera jusqu'a la fin de sa vie.
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