Opérette à grand spectacle en 2 actes et 24 tableaux
Livret et lyrics : Paul Colline
Musique : Henri Bourtayre et Jacques-Henry Rys
  Direction musicale : Maurice Darnell
Mise en scène : Jacques-Henri Duval
Décors et costumes : Mick Bernard
Chorégraphie : Mary-Jo Weldon et le

corps de ballet de la Gaîté-Lyrique

 

Première représentation : jeudi 6 octobre 1955 au Théâtre de la Gaîté-Lyrique à Paris.


L'opérette sera jouée durant un peu plus d'une saison, jusqu'au mois de décembre 1956 et totalisera près de 400 représentations.


Dans les principaux rôles :

 

Claudine Céréda ( Marilyn Van Loo ), Lucie Dolène ( Anne-Marie ), Ginette Arthaud ( La mère d'Anne-Marie ), Lina Prety ( Valentine ).

 

Luis Mariano ( Jean-Louis d'Ascain ), Francis Blanche ( Panette ), Jean-Paul Thomas ( Dulure ), René Novan ( Georghiu Papescu ), Henri Despuech ( Alexandre Manolescu ), Maurice Bruot ( le capitaine Broussac ), Christian Asse ( Magnali ), René Aranda ( le matelot américain ).


La partition :

 

Ouverture ; « Les Chevaliers du ciel ( J.L. d'Ascain ) ; « Seul » ( J.L. d'Ascain ) ; « À Honolulu » ( duo Panette et Dulure ) ; « Et tout » ( duo Marilyn et J.L. d'Ascain ) ; « Et voilà le résultat » ( Trio Marilyn, J.L. d'Ascain et René Aranda ) ; « Chanson des infirmières » (J.L. d'Ascain et Choeur ) ; « Légende du Chevalier » ( Anne-Marie ) ; « J'ai dit si souvent » ( Duo Anne-Marie et J.L. d'Ascain ) ; « Valse des amours » ( J.L. d'Ascain ) ; « Mon bonheur s'est enfui » ( J.L. d'Ascain ) ; « Un Palace » ( Marilyne ) ; « Prière païenne ( J.L. d'Ascain ) ; « Sans ton amour » ( J.L. d'Ascain ) ; Chœur « Bing, Beng, la cloche carillonne » ; Final « Les Chevaliers du ciel » ( tous les artistes ).

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L'allure franche et décidée
L'air souriant le regard droit
Voilà les chevaliers du ciel
Fiers et courtois dans les tournois
Comme l'étaient ceux d'autrefois
Voilà les chevaliers du ciel
De Singapour à l'Alaska
Et de Paname à Panama
Voilà les chevaliers du ciel
Portant l'insigne aux ailes d'or
Sur la poitrine et sur le bras
Voilà les chevaliers du ciel

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Un rôle plus moderne pour Luis Mariano.

 

Nous sommes en 1955 et cette quatrième opérette est un tournant dans la carrière du ténor.
Déjà, pour la première fois, il va délaisser - momentanément - Francis Lopez. Ensuite, son plus grand souhait était de jouer un personnage plus contemporain, un rôle plus moderne, d'un style nouveau dans le genre des comédies musicales qui se jouaient à l'époque à Broadway.

 

Pour cela, il s'adressa à son grand ami basque - Henri Bourtayre - qui lui avait promis un jour de réaliser une opérette avec lui. Henri Bourtayre restera l'un des principaux compositeurs de Mariano durant sa carrière, dont la plupart des chansons auront été de grands succès.


Pour Mariano, le moment était venu et il avait même déjà pris contact avec Germaine Roger, la directrice du théâtre de la Gaîté-Lyrique.
Mariano demanda à Bourtayre de travailler sur un projet avec lui. Il lui demanda de lui écrire la musique d'un grand spectacle moderne, dans lequel il se démarquerait complètement du personnage habituel des opérettes « latino-espagnole » qu'il avait interprété jusqu'à maintenant. Personnage qui l'avait, certes, rendu célèbre, mais qui lui semble un peu dépassé aujourd'hui. Et il veut laisser au vestiaire les dentelles, les broderies, strass et autres paillettes.

 

Mariano souhaiterait un spectacle très dynamique et coloré, aux multiples décors dans lesquels il pourrait « voyager » vers des destinations exotiques.
Les costumes, il les veut élégants, mais contemporains et plutôt assez classiques. L'ambiance, il la veut romantique, mais avec de l'action et de la gaîté. Les chansons, il les souhaite ensoleillés avec de grands ballets à l'américaine.
Plongé avec son ami dans ce projet, Mariano trouva enfin dans les livrets du théâtre un scénario qui correspondait à ses souhaits. Bourtayre trouva le titre.

Et c'est ainsi que naîtra « Chevalier du ciel ». C'est Paul Colline qui sera choisi pour écrire le livret et les lyrics. Bourtayre écrira la musique et Jacques-Henri Rys, la composition de la partition.

 

Luis Mariano et Claudine Céréda

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Luis Mariano et Claudine Céréda

Mariano était ravi. Il allait pouvoir enfin incarner un rôle qu'il avait lui-même choisi. Le rôle d'un prestigieux officier de l'aviation de marine : le lieutenant de vaisseau Jean-Louis d'Ascain, l'as des as de l'aéronavale française. L'uniforme était splendide et Mariano le portait avec beaucoup de distinction.
Sur le plan chorégraphique, Mariano devait - selon ses souhaits - énormément s'investir en suivant avec acharnement un entraînement spécifique et exténuant. Sa prouesse dans cette discipline fut d'exécuter sur scène un grand écart des plus réussis.
On ne le répétera jamais assez, notre ténor - vedette du bel canto - était, c'est indéniable, un artiste à multiples facettes.


Mariano jouera « Chevalier du ciel » jusqu'au mois de juin 1956, date à laquelle le théâtre ferme ses portes pour la période estivale.
Il enfilera de nouveau son uniforme de lieutenant de vaisseau à la rentrée de septembre pour encore 70 représentations toujours au théâtre de la Gaîté Lyrique. Pour ce redémarrage, Mariano aura une nouvelle partenaire pour le rôle principal féminin, la jeune soprano canadienne, Thérèse Laporte qui, forte de ce premier succès, enchaînera avec les Compagnons de la chanson, à partir du 13 décembre 1956 dans l'opérette « Minnie Moustache » qui sera à l'affiche à la Gaîté Lyrique après « Chevalier du ciel ».

 

Même si le spectacle n'est pas celui des grands triomphes précédents, l'ouvrage remportera néanmoins un relatif succès - très mitigé pour certains - durant toute la saison 1955 / 56.
Les « fans » de Mariano étaient, vraisemblablement, habituées à venir le voir dans son habit de lumière et si l'opérette pourtant ne manque pas d'attraits et d'intérêt, elle n'aura pas eu, hélas, la grande faveur habituelle du public.

Cela n'empêchera pas les admiratrices de prendre d'assaut leur ténor à la sortie du théâtre.

 

 

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Synopsis de l'intrigue :

 

L'action débute à Toulon. Un gigantesque porte-avions - le « Valeureux » - quitte le port pour une mission dans le Pacifique.
À bord du porte-avions se trouve le lieutenant de vaisseau Jean-Louis d'Ascain, pilote d'un avion de chasse supersonique, un prototype dont les plans secrets de fabrication seront très vite l'enjeu d'organisations d'espionnages. Or Jean-Louis d'Ascain emporte toujours avec lui les plans de son prototype.

 

Le « Valeureux » fait escale à Tahiti et le lieutenant d'Ascain fait la connaissance d'une belle et riche Américaine, Marilyne Van Loo.
La jeune femme est aussitôt séduite par le beau lieutenant. Un flirt s'ébauche entre eux, mais en réalité la belle Marilyne est au service d'un réseau d'espionnage.
Le porte-avions doit regagner l'escadre française au large de Brest, mais la belle et mystérieuse Américaine va suivre le lieutenant...et son prototype.
Arrivé en Bretagne, l'avion de Jean-Louis d'Ascain - qui effectuait un vol d'entraînement - prend feu.
Au péril de sa vie, une jeune bergère, Anne-Marie, qui a vu l'avion tomber dans la lande, réussit à sauver des flammes le pilote qui se retrouve à l'infirmerie militaire de Brest.
Entre la jeune fille et le lieutenant naîtra un sentiment intense. Mais le porte-avions doit bientôt repartir et d'Ascain de laisser Anne-Marie qu'il aime. Elle lui promet de lui écrire.

 

Le « Valeureux » arrive à Fort-de-France. Marilyne qui craint que d'Ascain ne lui échappe, intercepte une lettre d'amour d'Anne-Marie et la remplace par une lettre de rupture.
Après de nombreuses péripéties, d'Ascain et ses amis se retrouvent au milieu de la forêt guyanaise et se font attaquer par une bande armée aux ordres des espions.
Mais la bande est anéantie. Le destin jette une fois de plus ses dés.


Va-t-il découvrir la trahison de la mystérieuse Marilyne ?
Que va-t-il advenir du lieutenant ? Va t-il retrouver celle qu'il aime ?
Ne sera-t-il pas trop tard ?

 

Le théâtre :


L'opérette « Chevalier du ciel » fut jouée au Théâtre de la Gaîté-Lyrique ( 1800 places ) situé au 5, rue Papin à Paris. C'est Germaine Roger - l'épouse d'Henri Montjoye - qui prendra la direction du prestigieux théâtre à la mort de son mari en mars 1950.

 

Cette scène très réputée possède l'un des passés théâtraux les plus prestigieux, richement décorée d'or, de soie et de velours.

La salle fut bâtie en 1861, sous le nom de « Théâtre du Prince impérial ». Plusieurs directeurs se succédèrent alors et Offenbach prit en 1872 la direction de la Gaîté. En 1903, il y fut donné des représentations d'opéra et d'opéra-comique.


En 1944, après la libération, Henri Montjoye prend la direction de la Gaîté-Lyrique et, grâce à lui, ce beau théâtre avait retrouvé sa vogue d'antan. De nombreux travaux en ont fait une des plus belles salles de la capitale.


Considéré comme le temple de l'opérette jusqu'en 1963, il sera laissé ensuite à l'abandon jusqu'au tout début des années 70 où il subira ensuite diverses transformations. Le théâtre sera utilisé un moment comme salle de concert, puis tombe presque en ruine. En 1974, le théâtre est transformé en une école de spectacles novateurs par la comédienne Silvia Monfort jusqu'en 1978.

 

Fermé en 1980, il ouvrira ses portes quelque temps fin 1989 comme centre récréatif pour enfants : le parc d'attractions « Planète Magique ». Mais le projet s'avère être un désastre et le théâtre est de nouveau fermé en janvier 1990. Un nouveau projet ( né au début des années 2000 ) est en cours pour faire du vieux théâtre un centre des « Arts numériques et musiques actuelles » ( ouverture prévue au printemps 2010 ).

Hommage à un célèbre humoriste.

Francis Blanche, Claudine Céréda et Luis Mariano

Une distribution brillante avec, entre autres, le célèbre humoriste Francis Blanche ( 1921 - 1974 ) dont la prestation fantaisiste dans l'opérette ne passera pas inaperçue. Canulars et autres facéties s'enchaînent dans une succession de gags visuels. L'ambiance avec Francis Blanche est joyeuse, burlesque, voire même très cocasse. Le public s'amuse énormément et l'effet comique de la pièce assuré.

 

Il débute au cabaret dès l'âge de 17 ans et démarre sa carrière de comique au théâtre en 1948 dans « Les Branquignols ». Pour le cinéma, il tourna de nombreux films dans des rôles de personnages souvent loufoques. Ses légendaires sketches avec Pierre Dac resteront à jamais mémorables. À cette occasion, il lui sera décerné le Grand Prix de l'Humour en 1956.

 

Comédien, poète et humoriste à l'esprit pétillant de malice, mais aussi réalisateur, scénariste, animateur de radio et auteur de fameux canulars téléphoniques, Francis Blanche fut aussi un homme de chansons. C'est lui qui écrivit les paroles françaises du célèbre Bésame Mucho. Auteur et compositeur, il aurait écrit plus de 400 chansons, de factures très diverses dont certaines seront interprétées par Mariano et devinrent de grands succès, comme « Histoire d'un amour », « Notre tour de France », « Les cloches de Lisbonne » ou encore la magnifique « Ma maison dans la montagne ».

 

Il disparaît prématurément à l'âge de 53 ans.

 

Pour en savoir plus sur Francis Blanche :

Liens externes :

 

¤ Wikipédia

¤ Cinémémorial

 

 

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